Quelles sont les méthodes d’extraction des huiles essentielles ?

Au travers des siècles, les huiles essentielles nettoient les maisons, purifient les esprits, servent d’offrandes aux Dieux et soulagent certains maux. Aujourd’hui, grâce à l’aromathérapie et la phytothérapie, elles sont de plus en plus utilisées et diffusées.

Face à une forte demande, toujours plus exigeante en qualité, leur marché ne cesse de croître. Mais avant de les diffuser, sait-on comment ces huiles sont fabriquées ? Quels sont les procédés utilisés pour extraire les molécules aromatiques d’une plante et obtenir une précieuse substance active utilisable en diffusion ?

Depuis quand et comment fabrique-t-on des huiles essentielles ?

C’est dans l’Égypte antique (4 500 ans avant J.-C.) que tout commence. Pour les Égyptiens, l’usage des « plantes de vie » est sacré et ils s’en servent même pour embaumer les corps. C’est pourquoi, on leur accorde volontiers l’invention des huiles essentielles même si leur diffusion n’est pas encore dans les usages.

Pour les préparer, ils adoptent les procédés d’une distillation plutôt sommaire. Ils commencent par plonger les plantes dans une eau bouillante à laquelle ils ajoutent des bandelettes de tissu. L’ensemble macère durant plusieurs jours afin que les fibres textiles s’imprègnent de l’essence végétale. Ils récupèrent ensuite le jus du tissu en essorant. Une astucieuse méthode qui fait son chemin… jusqu’à l’actuelle distillation à la vapeur.

Un processus complexe qui se développe au fil des temps grâce aux contributions et aux découvertes (alambic, serpentin) des Égyptiens, des Grecs et des Arabes.

Si la distillation devient une pratique courante en Occident durant l’époque des croisades, il faut attendre le XIXe siècle pour que la technologie de distillation se modernise. Ce procédé délicat permet d’obtenir une huile essentielle pure, mais il n’est pas pour autant la seule technique d’extraction employée. On distingue couramment quatre moyens d’extraire les huiles essentielles. Petit tour d’horizon…

La distillation par entraînement à la vapeur d’eau

Aujourd’hui, la majorité des huiles essentielles est récupérée de cette façon. À l’aide d’une chaudière, on chauffe de l’eau pour produire de la vapeur dirigée dans une grande cuve (en acier inoxydable de préférence) nommée l’alambic. Dans celle-ci se trouvent les plantes qui vont être traversées par la vapeur pour libérer leurs molécules aromatiques. Volatiles, ces essences s’échappent et remontent jusqu’au serpentin. Il s’agit d’un tube (enroulé en spirale) plongé dans l’eau froide et dans lequel la vapeur chargée d’huiles essentielles va refroidir. Elle subit ainsi un phénomène de condensation et se liquéfie. Ce liquide est ensuite récupéré dans un vase de décantation (vase florentin, essencier).

Insoluble et plus légère que l’eau de distillation (ou hydrolat, eau florale), l’huile se sépare et remonte à la surface. Un robinet par substance permet d’extraire l’huile essentielle vers le haut et l’eau florale vers le bas. L’huile est ensuite filtrée. Il existe aussi l’hydro-diffusion (cette fois, la vapeur est introduite par le haut) qui est une variante de l’entraînement à la vapeur. Les huiles obtenues par ce procédé peuvent être pour la plupart utilisées sans problème dans un diffuseur.

L’hydrodistillation ou la distillation à l’eau

Les matières végétales qui se trouvent dans l’alambic sont ici complètement immergées dans l’eau qui est portée à ébullition. Cette chaleur va permettre aux molécules odorantes de se libérer. Elles s’évaporent et forment avec la vapeur d’eau un mélange dit azéotrope (mélange d’eau et d’huile essentielle). On refroidit ensuite ce mélange qui est condensé et que l’on récupère donc sous forme liquide dans un essencier.

Nous nous retrouvons exactement dans la même situation que l’entraînement à la vapeur, soit avec une phase aqueuse (liquide) et une phase organique qui est l’huile essentielle. La décantation (séparation) de ces deux phases s’effectuent toujours facilement, l’huile ayant une densité moins élevée que l’eau. Elle remonte à la surface pour être récupérée.

La durée de ce procédé est variable et peut être longue. Il existe une variante à celui-ci et qui, comme son nom l’indique, accélère le processus : la turbo-distillation. Quelle que soit la technique, leurs huiles essentielles mélangées à de l’eau distillée pourront parfaitement s’adapter à un diffuseur d’arôme à technologie ultrasonique.

L’extraction par pression à froid (ou expression à froid)

Cette méthode est essentiellement utilisée pour des variétés de fruits comme les agrumes (citron, mandarine, pamplemousse, bergamote, bigarade…) et certaines fleurs fragiles. Ce procédé a d’abord été employé en Italie au cours du XIXe siècle. Il s’effectue sans chaleur et a longtemps été artisanal avant de se mécaniser.

C’est dans la peau et plus précisément dans les glandes du zeste ou de l’écorce de l’agrume que se trouvent les précieuses essences à extraire. La pression se faisait alors à la main ! Il fallait cependant un réel apprentissage et un savoir-faire certain pour maîtriser la méthode « à l’éponge » ou celle dite « à la cuillère ». Aujourd’hui, grâce à des techniques modernes, on utilise le fruit entier qui passe sous une presse hydraulique. Le jus de fruit est ensuite séparé de l’huile essentielle par centrifugation.

On parle d’ailleurs davantage d’essence aromatique, car le fruit ne subit aucune modification chimique (à la vapeur d’eau ou avec des solvants). Il est à souligner que l’huile essentielle de citron, idéale pour assainir l’air, et celle de bergamote, purifiante et relaxante, font partie des dix huiles les plus utilisées en diffusion. Et pour cause !

L’extraction par CO2 supercritique

Écologique, ce procédé d’extraction est le plus moderne et ne cesse d’évoluer depuis les années 80. C’est dans les années 2000 qu’il est utilisé dans le domaine de l’aromathérapie. Dans cette pratique, les sacs d’arômes des plantes sont éclatés grâce à un gaz qui est le dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2).

Pour cela, le CO2 doit être à l’état supercritique. C’est-à-dire qu’on élève sa température au-dessus de son point critique qui est de 31 °C. On obtient ainsi un état de la matière du CO2 qui n’est ni gazeux ni liquide. Cela devient alors un solvant fluide qui, comme la vapeur, va passer au travers des cellules végétales et en extraire leurs molécules aromatiques pour les entraîner dans son sillon.

Le dioxyde de carbone est ensuite remis à température ambiante pour retrouver son état gazeux (il est réutilisable à l’infini) et se séparer de l’extrait qu’il transporte. Non toxique, le gaz carbonique préserve les qualités organoleptiques (qui stimulent les organes sensoriels) des plantes, des fleurs…

Cette technologie produit une huile essentielle ou plutôt un extrait de CO2 (HECO2) de très haute qualité. On aurait donc tort de s’en priver surtout avec un diffuseur par nébulisation.

D’autres techniques telles que la macération ou l’enfleurage sont utilisées. Entièrement manuelles, elles sont quasiment abandonnées et l’extraction par solvant organique (hexane, éthanol…) est venue se substituer.

Depuis le début des années 90, la technique d’extraction assistée par micro-ondes se développe, mais elle reste encore confidentielle. Les huiles essentielles sont difficiles à produire, les procédés doivent s’adapter aux matières premières, plus ou moins délicates, qu’il ne faut pas dénaturer. Pour faire de la qualité, le choix des plantes est déterminant et il en faut beaucoup pour une moindre quantité de produit fini.

C’est pourquoi, à l’achat, il est souvent préférable d’y mettre le prix tout comme de choisir le diffuseur adéquat !

Rédactrice
Céline Roman

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